Comment élaborer un contrat de travail en Italie ? Clauses et bonnes pratiques
04 septembre 2026 | 4 minutes
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L’Italie possède de nombreux talents pour votre filiale, ressortissants italiens ou français installés à Milan, Rome ou Turin. Le recrutement en Italie requiert naturellement d’appréhender quelques spécificités. Pour réussir vos premiers recrutements, découvrez les principales questions que vous poseront les candidats et préparez vos réponses !
Points clés :
En premier lieu, comme partout ailleurs, recruter en Italie nécessite un accord sur la rémunération.
Les négociations entre candidat et employeur porteront sur la rémunération brute annuelle. Ce salaire brut est versé sur 13 ou 14 mois selon la convention collective applicable.
Pour calculer le salaire net, vous retirerez les charges salariales suivantes :
Selon le statut du collaborateur et la convention collective applicable, d’autres cotisations comme la prévoyance ou la mutuelle seront obligatoires.
Depuis 1973, le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu ou IRPEF (Imposta sul reddito delle persone fisiche) s’applique sur ce revenu imposable. En Italie, vous ne parlez donc jamais de salaire net avant impôt ou de salaire net après impôt : votre rémunération nette s’entend toujours après impôt.
En synthèse, les rémunérations annuelles en France et en Italie sont équivalentes. Les cotisations sociales restent plus élevées en France et la mise en application du prélèvement à la source y est plus récent.
Bon à savoir :
Comme en France, l’impôt sur le revenu italien est un impôt progressif par tranches.
Comparativement à la France, la convention collective constitue un pilier de la relation employeur-employé en Italie. Elle détermine les salaires minimum, les horaires de travail, les primes, etc.
Il existe deux conventions nationales principales :
Attention : certaines entreprises françaises ont une activité industrielle en France mais leur filiale italienne focalise son activité autour des services et du commercial. C’est l’activité de la société en Italie qui déterminera la convention collective applicable.
L’impact de la convention collective est fort non seulement pour l’entreprise mais également pour vos candidats. Elle déterminera par exemple le nombre de mois de salaire (14 mois pour le tertiaire, 13 mois pour l’industrie), d’où cette recommandation : négocier toujours un salaire brut annuel avec vos candidats.
Les conventions collectives déterminent le statut des salariés (Statuto dei Lavoratori) :
Nouvelle autre particularité du recrutement en Italie : les livelli (= niveaux de compétences).
Chaque statut détermine des livelli qui impactent le salaire minimum, la durée du préavis ou de la période d’essai. Ils sont fonction du niveau de compétences du salarié, son degré d’autonomie, son expertise, ses responsabilités et du niveau d’encadrement. Il s’agit naturellement d’un point clé lors de la négociation avec un candidat.
Le livello du salarié doit obligatoirement figurer dans le contrat de travail italien.
L’octroi d’une voiture de fonction se fait surtout pour les commerciaux non sédentaires qui visitent prospects et clients et se rendent sur des salons et événements.
L’ACI (Automobile Club d’Italia) détermine une valorisation forfaitaire par type de véhicule en cas d’usage mixte. C’est le barème kilométrique qui est retenu pour pouvoir déduire les frais.
L’abonnement mensuel ou annuel aux transports en commun est exonéré de cotisations sociales et d’impôt si l’employeur le rembourse à 100 %.
Le télétravail ou smartworking perdure depuis la pandémie de Covid-19. Toutefois, toute indemnité versée à cette occasion est considérée comme un salaire et, par conséquent, soumise aux cotisations et impôts.
Il existe deux niveaux d’exonération selon la nature du titre restaurant :
En pratique, les entreprises délivrent des titres électroniques. Par exemple, à Milan, la valeur moyenne du titre restaurant se situe autour de 7 ou 8 €.
La convention collective détermine les règles en matière de prévoyance et de mutuelle. En général, tous les salariés disposent d’une mutuelle obligatoire, différente selon les statuts et les conventions.
Les startups proposent souvent des BSPCE (Bons de Souscription de Parts de Créateur d’Entreprise) aux salariés, dispositif qui n’existe pas en Italie. L’entreprise peut les remplacer par un équivalent versé en bonus (sans aucun avantage fiscal) ou distribuer des stock-options.
En Italie, on parle plutôt de smartworking. Suite à la crise sanitaire de 2020, les parties prenantes ont élaboré un protocole national relatif au télétravail.
Dans la plupart des cas, les candidats souhaitent obtenir 2 jours de télétravail par semaine.
Un point d’attention : vérifiez la couverture du salarié en matière d’accident du travail s’il envisage de télétravailler en dehors du territoire italien.
Bon à savoir :
Un dernier point enfin retient l’attention des entrepreneurs français : comment estimer la masse salariale de la filiale ?
Les cotisations sociales patronales oscillent entre 27,5 % et 30 %. À cela s’ajoute l’indemnité TFR (traitement de fin de rapport) d’un montant équivalent au salaire brut annuel divisé par 13,5 à provisionner et à verser lors du départ du salarié.
Globalement, pour estimer le coût d’un salarié en Italie, prenez en compte sa rémunération brute annuelle et ajoutez 40 %. Ayez également à l’esprit que l’employeur de cadres dirigeants du tertiaire cotise 18 000 € au titre de la mutuelle, de l’assurance vie et décès et de la prévoyance.
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