Calculez vos délais de création de filiale à l’étranger grâce à notre simulateur !

Toute société qui recrute en Pologne doit maîtriser les règles du Code du travail polonais. En particulier, les différents types de contrats de travail disponibles, les obligations de forme, les délais de préavis et les conditions de rupture. Plusieurs différences structurelles avec le droit français méritent une attention particulière, au moment de rédiger un contrat de travail en Pologne.

Points essentiels :

  • Le droit du travail polonais repose sur le Code du travail (Kodeks pracy) : trois types de contrats de travail permettent de formaliser l’embauche d’un collaborateur en Pologne (contrat d’essai, CDD et CDI), auxquels s’ajoutent des formes civiles (contrat de mandat, contrat B2B).
  • Le CDD est limité à 33 mois et deux renouvellements maximum.
  • Tout licenciement en CDI exige un motif écrit, réel et vérifiable sous peine de réintégration ou d’indemnisation par le tribunal du travail.
  • L’accord mutuel des parties est le mode de rupture le plus sûr et le plus utilisé en pratique.

 

Les 3 contrats de travail en Pologne

Le contrat à période d’essai

En Pologne, la période d’essai ne s’insère pas à l’intérieur d’un CDI ou d’un CDD : elle fait l’objet d’un contrat distinct (umowa o pracę na okres próbny). Ce contrat est facultatif mais il constitue une bonne pratique pour tester les compétences d’un candidat.

Sa durée maximale est de 3 mois, non renouvelable. Le même poste ne peut faire l’objet que d’un seul contrat d’essai avec la même personne.

Les délais de préavis en cas de rupture du contrat d’essai sont courts et varient selon la durée initiale du contrat :

  • 3 jours ouvrables si le contrat est inférieur à 2 semaines,
  • 1 semaine si le contrat est supérieur à 2 semaines,
  • 2 semaines si le contrat est de 3 mois.

Si c’est l’employeur qui met fin au contrat d’essai, il doit communiquer un motif au salarié. À l’issue du contrat d’essai, l’employeur peut enchaîner avec un CDD ou un CDI.

Le CDI

Le contrat à durée indéterminée est la forme recommandée pour tout recrutement pérenne. La quasi-totalité des clients de Pramex International fait le choix du CDI dès la phase de stabilisation de leur filiale.

Le contrat doit être établi par écrit, en polonais, avant la prise de poste. Il mentionne obligatoirement les parties, le type de contrat, la date de début, le lieu de travail, les fonctions exercées, la rémunération, la durée du travail et le délai de préavis applicable.

Les délais de préavis en CDI dépendent de l’ancienneté du salarié :

  • 2 semaines pour moins de 6 mois d’ancienneté,
  • 1 mois entre 6 mois et 3 ans,
  • 3 mois au-delà de 3 ans.

Ces délais s’appliquent que ce soit le salarié ou l’employeur qui est à l’initiative de la rupture du contrat de travail en Pologne.

Le CDD

Le contrat à durée déterminée permet d’ajuster la durée de la relation de travail à un projet ou à une incertitude sur le volume d’activité.

La loi polonaise impose deux limites cumulatives :

  • Pas plus de 3 CDD successifs avec le même salarié,
  • Pas plus de 33 mois de durée cumulée.

Dès que l’une de ces limites est dépassée, le contrat se transforme automatiquement en CDI.

Des exceptions existent : le contrat de remplacement d’un salarié absent, les travaux occasionnels ou saisonniers et certains postes dont la nature justifie une durée déterminée. Le contrat de travail polonais doit mentionner ces exceptions de manière claire.

La rupture anticipée d’un CDD par l’employeur exige une notification écrite avec un motif justifié. Les délais de préavis sont identiques à ceux du CDI.

 

D’autres formes de contrat

Deux formes alternatives existent en dehors du droit du travail polonais strict :

  • Le contrat de mandat relève du droit civil polonais. Il offre une fiscalité plus favorable pour le travailleur avec des cotisations sociales réduites et un impôt sur le revenu allégé ainsi qu’un coût moindre pour l’employeur.
  • Le contrat B2B avec un freelance ou travailleur indépendant est très répandu dans les secteurs IT et tech. Le collaborateur facture ses prestations en tant que micro-entrepreneur polonais. Ce montage est économiquement avantageux mais comporte un risque de requalification si le niveau de subordination est trop élevé.

Bon à savoir : 

L’utilisation excessive ou inappropriée de ces formes de travail expose à un risque de requalification en contrat de travail, avec rétroactivité des charges et pénalités.

La rupture du contrat de travail en Pologne

Le Code du travail polonais prévoit 4 modalités de rupture :

  • L’accord mutuel est la voie la plus utilisée et la plus sécurisée. Les deux parties signent un document qui fixe les conditions de la séparation, sans obligation de respecter le préavis légal. Cette formule limite le risque de contentieux et permet d’organiser la transition sereinement.
  • L‘expiration du terme s’applique aux CDD et aux contrats d’essai qui arrivent à leur échéance naturelle.
  • La rupture sans préavis est réservée aux cas de faute grave du salarié (condamnation pénale liée à l’exercice du poste, violation grave et répétée des obligations contractuelles). Elle reste rare et expose l’employeur à un risque élevé de contentieux si les preuves sont insuffisantes.
  • La rupture avec préavis par l’une ou l’autre des parties : si c’est l’employeur qui licencie, il doit obligatoirement formuler un motif réel, précis et vérifiable par écrit.

Ce motif peut être imputable au salarié (insuffisance professionnelle, faute, désorganisation) ou à l’employeur (suppression de poste pour motif économique).

Bon à savoir : 

La jurisprudence polonaise admet la suppression d’un poste même lorsque l’entreprise est bénéficiaire, dès lors qu’un véritable projet d’organisation motive la décision.

 

Si le tribunal du travail juge insuffisant le motif du licenciement, deux issues sont possibles : la réintégration du salarié dans son poste précédent ou le versement d’une indemnité de licenciement plafonnée à 3 mois de salaire. Le salarié dispose de 7 à 14 jours à compter de la notification du licenciement pour saisir le tribunal.

 

Notes : Le présent article concerne des informations d’ordre général, qui ne constituent pas un conseil. Nous vous invitons à nous consulter pour de plus amples précisions.

Vous avez des questions sur la création et la gestion de votre filiale à l’étranger ?

Découvrez ce que Pramex peut faire pour vous !

« * » indique les champs obligatoires

Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.