La fiscalité à Singapour est simple à comprendre pour une entreprise française. Après avoir réussi la création d’une entreprise à Singapour, le régime fiscal répond aux mêmes préoccupations globales : des règles claires et précises, à respecter à la lettre. Petit tour d’horizon des obligations fiscales des entreprises sur le territoire singapourien.
Fiscalité à Singapour : un taux d’impôt sur les sociétés unique
L’impôt sur les sociétés à Singapour, ou Corporate Income Tax, apparaît avec un taux normal unique à 17 %.
Pour certaines startups éligibles, pendant les 3 premières années, l’exonération porte sur 75 % des premiers 100 000 SGD et 50% des 100 000 SGD suivants.
L’IRAS (Inland revenue authority Singapore) est l’organisme compétent pour tous les impôts. C’est auprès de cette autorité que les entreprises effectuent les déclarations d’impôt, à chaque échéance requise. L’IRAS dispose d’un pouvoir d’audit et de contrôle fiscal, afin de s’assurer que les entreprises se conforment aux lois et réglementations fiscales en vigueur. Les entreprises jugées non conformes sont passibles de sanctions, d’amendes ou même d’accusations criminelles.
En outre, les normes comptables de Singapour (Singapore Financial Reporting Standards ou SFRS) sont alignées sur celles de l’International Accounting Standards Board (IASB).
Le b.a.-ba de la fiscalité à Singapour !
Les délais de déclaration d’impôt sur les sociétés
Une Private Limited Company dispose de 3 mois, après la clôture de son exercice, pour déposer son Estimated chargeable Income (ECI). Il s’agit de réaliser une estimation des bénéfices taxables, en s’appuyant sur les comptes non audités. L’objectif est de permettre à l’IRAS d’émettre un avis d’imposition provisoire et de collecter l’impôt plus rapidement.
Il existe deux critères d’exemptions :
- Un chiffre d’affaires annuel inférieur ou égale à 5 millions SGD sur l’année précédente, pour votre filiale singapourienne et
- Un ECI nul
En résumé, si votre filiale singapourienne déclare un résultat positif, vous devrez déposer l’ECI.
Puis, sauf exemption de cette obligation, un audit annuel des comptes se réalise jusqu’au 14 juin, si votre société clôture son année fiscale au 31 décembre.
L’audit est obligatoirement finalisé au plus tard 16 jours avant la tenue d’une assemblée générale annuelle (AGA). L’assemblée se tient dans les 6 mois de la clôture, soit avant le 30 juin dans notre exemple.
L’entreprise dispose alors d’un délai supplémentaire pour déposer ses comptes de l’année précédente :
- d’un mois auprès de l’ACRA (Accounting and Corporate Regulatory Accounting), soit avant le 31 juillet.
- de 5 mois auprès de l’IRAS, soit avant le 30 novembre.
L’audit annuel des comptes
Chaque entreprise doit nommer un auditeur dans les 3 mois à compter de la création de société à Singapour.
Les entreprises qui remplissent 2 des 3 conditions suivantes, à l’échelle du groupe, sont exonérées d’audit :
- un effectif inférieur à 50 salariés ;
- un chiffre d’affaires annuel hors taxes (CA HT) inférieur à 10 millions SGD ;
- un total de bilan inférieur à 10 millions SGD.
De manière classique, chaque entreprise doit produire un compte de résultat ainsi qu’un bilan financier. Les registres sont à conserver 5 ans. En outre, l’entreprise doit garder le registre des actionnaires, des détenteurs et des participations, des administrateurs et des directeurs, ainsi que des contrôleurs.
A noter que dans le cas d’une succursale, le groupe français a l’obligation de déposer ses états financiers consolidés, en plus de ceux de la dite succursale, dans les 2 mois après la tenue d’une assemblée générale. Cela rend plus complexe la gestion d’une succursale et n’en fait pas le statut juridique idéal pour créer une entreprise à Singapour.
Le résultat imposable
De manière classique, la fiscalité à Singapour autorise certaines opérations de retraitement fiscal. Des dépenses déductibles du résultat comptable peuvent devenir non déductibles sur le plan fiscal. Il y a peu de surprise dans ces traitements par rapport aux pratiques habituelles françaises et internationales.
La refacturation des Management Fees et des services entre la filiale singapourienne et la maison mère, ou prix de transfert, présente le même caractère sensible. Un expert fiscaliste local analyse la nature des services rendus, la convention fiscale entre la France et Singapour, le périmètre géographiques des services. Suite à cette analyse, il remet un rapport sur la fiscalité applicable à ces opérations.
Il existe des déductions fiscales :
- pour frais médicaux à hauteur de 1 % de la masse salariale ;
- pour des dons jusqu’à 250 % de la valeur du don en numéraire ou en compétences (déduction de 250 % du salaire des collaborateurs investis dans des missions bénévoles).
Le déficit peut être reporté indéfiniment, sous conditions (dès lors que la société ne modifie pas son actionnariat. Les participations restent inchangées au-delà de 50 % du capital social).
Bon à savoir
L’innovation est un enjeu majeur à Singapour comme ailleurs. A Singapour, cela se traduit principalement par une politique de déductions fiscales.
Le paiement de l’impôt sur les sociétés à Singapour
Un acompte est dû après le dépôt de l’ECI. Si le calcul préalable s’avère finalement incorrect, un paiement complémentaire ou un remboursement pourra s’effectuer.
Le paiement de l’impôt sur les sociétés s’effectue par prélèvement automatique, ou par envoi d’une notification de paiement et virement.
Notre conseil lors de la création de votre filiale à Singapour : Vérifiez les possibilités de paiement offertes par votre banque lors de l’ouverture d’un compte bancaire à Singapour.
L’imposition des dividendes à Singapour
Les dividendes versés à une société singapourienne par une filiale ne font l’objet d’aucune taxation. Les dividendes versés par une société basée à Singapour à sa maison mère française sont imposables…en France. L’administration singapourienne ne prélève aucune retenue à la source.
La convention fiscale France-Singapour organise les échanges de fonds et de flux entre les deux pays, principalement pour éviter une double imposition. Très souvent, il convient de consulter un fiscaliste aguerri, pour connaître les règles applicables en fonction de chaque traité international, des opérations visées, etc.
Fiscalité à Singapour : la TVA
La TVA singapourienne se nomme GST (Good and Services Tax).
Son taux normal depuis 2024 est de 9% pour la majorité des biens et services.
Il existe une subtilité à Singapour. Pour certains produits, vous appliquerez un taux de GST de 0% dans votre comptabilité. C’est par exemple le cas pour les produits et services destinés à l’import ou à l’export. Pour d’autres, ils seront exemptés de GST. Pramex vous conseillera pour appliquer les bons taux au bon moment. D’autant plus qu’il existe de nombreux cas particuliers.
L’enregistrement de l’entreprise comme assujetti à la GST est obligatoire dès qu’elle réalise un chiffre d’affaires supérieur à 1 million SGD à Singapour. En dessous de ce seuil, l’assujettissement se fait sur une base volontaire.
L’intérêt de l’assujettissement à la GST est, comme en France, de pouvoir déduire la GST sur ses achats.
Chaque trimestre, vous déclarez le montant de GST dû avant le 30 du mois suivant. Par exemple, le 30 avril pour le 1er trimestre. Puis, vous disposez de 15 jours après cette date pour payer la GST, soit jusqu’au 15 mai dans notre exemple.
Conclusion
En conclusion, le système singapourien d’impôt sur les sociétés apparaît relativement simple et favorable à l’investissement, tout comme celui de l’impôt sur le revenu à Singapour. Les entreprises doivent se conformer aux réglementations nombreuses et évolutives, avec toute la rigueur attendue par l’administration singapourienne. La fiscalité des entreprises à Singapour est un facteur clé de l’attractivité du territoire. Non seulement, les taux sont attractifs mais les exceptions et exemptions sont nombreuses et dirigées vers les secteurs innovants.
Notes : Le présent article concerne des informations d’ordre général, qui ne constituent pas un conseil. Nous vous invitons à nous consulter pour de plus amples précisions.