Ressources humaines | Singapour

VIE à Singapour : faut-il créer une filiale pour le recruter ?

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Christophe Piquée, Country Manager, Pramex Singapour

Le principal souci d’un VIE à Singapour est l’ignorance, quant au statut spécifique des volontaires internationaux en entreprise, de la part de l’administration locale. Un VIE à Singapour est un collaborateur comme un autre… et nous allons voir quelles conséquences cela génère. Bonne nouvelle : une solution est en cours de discussion grâce aux efforts conjugués des autorités françaises locales et de l’administration singapourienne.

 

La situation actuelle du VIE à Singapour  

Commençons par rappeler les éléments clés du volontariat international.  

Qu’est-ce qu’un VIE ?  

Côté volontaire, vous devez avoir entre 18 et 28 ans ainsi qu’être français ou issu de l’Espace économique européen. Vous êtes prêt à partir à Singapour pour travailler entre 6 et 24 mois dans une entreprise. C’est l’occasion rêvée d’enrichir votre expérience professionnelle, de gagner en autonomie et de découvrir le monde de l’expatriation.  

Attention, ce n’est pas un stage de fin d’études ! Le VIE doit être disponible à 100 % pour la mission dans l’entreprise. Il sera plus facile de trouver une mission pour un diplômé (bac + 5).  

Le VIE n’est pas un bénévole et il reçoit chaque mois (chiffres au 1er avril 2023) :  

  • une indemnité forfaitaire non imposable en France : 749,33 € ;  
  • une indemnité variable selon chaque pays : à Singapour, le montant est de 3028,23 €.  

Cette indemnité allouée d’environ 3 800 € ne permet pas toujours de bien vivre aujourd’hui à Singapour. Les loyers ont augmenté de 40 % en un an ! Bien sûr, l’entraide de la communauté du volontariat international joue un rôle pour partager des bons plans logement, mais cela ne suffit pas toujours. 

Côté entreprise, le VIE est ouvert à toute taille et à tout statut juridique. Les grandes entreprises sont les plus friandes de volontaires internationaux, car elles sont habituées à les accueillir. Mais de plus en plus de PME, d’ETI et de startups trouvent un intérêt à embaucher un VIE pour accompagner leur développement à l’étranger.

Bon à savoir :  

Le coût de la vie à Singapour est en forte croissance ! Attention à bien prendre en compte cette information avant de s’engager pour 2 ans en VIE. Certains profils spécialisés peuvent avoir intérêt à ne pas profiter du VIE, mais viser une meilleure rémunération en tant que collaborateur tout simplement.

Être VIE à Singapour, est-ce possible ? 

Singapour est un territoire dynamique et attractif. La qualité de vie et la sécurité sont reconnues. Précurseur de la smart city, développement des technologies les plus avancées, Singapour offre une expérience intéressante à valoriser sur un CV. En outre, Singapour est une métropole cosmopolite avec une ouverture sur toute l’Asie, tout en conservant l’anglais comme langue des affaires.  

Le VIE étant considéré comme un salarié normal, il doit solliciter un visa de travail à Singapour comme un EP (employment pass), ou un S pass. Son obtention ne sera pas simple.

En effet, l’EP (employment pass) impose au VIE un salaire mensuel minimum, avec une expérience et un niveau d’études, au même titre que les managers des entreprises qui sollicitent ce type de visa. Pour obtenir un EP, l’administration singapourienne (MOM – ministry of manpower) impose un salaire d’environ 4 500 €, qui est donc supérieure à l’indeminté d’environ 3 800 € du VIE. 

Quant au S pass, il est attribué en fonction du ratio de salariés locaux et de salariés étrangers. La plupart des entreprises françaises à Singapour, clientes de Pramex, n’atteignent pas un ratio ouvrant droit à des S pass. 

Enfin, qui dit obtention d’un visa de travail à Singapour, dit création d’une société à Singapour, qui portera la responsabilité pour le visa. Parmi les statuts juridiques d’entreprise possibles à Singapour, nous avons vu dans un autre article les limites du bureau de représentation. Ce dernier doit notamment être renouvelé tous les ans. L’administration singapourienne se réserve le droit de refuser. Une autre solution pourrait être le portage salarial. Cependant, cette solution n’est pas très usuel à Singapour, aussi bien pour le portage de salarié, que de VIE. Vous n’aurez alors pas d’autre choix que de créer une “Private limited company” à Singapour.

 

Demain, la situation du VIE à Singapour pourrait s’améliorer 

Pour améliorer cette situation, les autorités singapouriennes se montrent ouvertes aux discussions. Des avancées positives récentes laissent entrevoir des possibilités pour le volontariat à Singapour.  

Ainsi, un quota annuel de VIE pourrait devenir possible, sous couvert des S pass mais hors notion de quota. Une affaire que Pramex suit de près pour ses clients.  

 

 

Notes : Le présent article concerne des informations d’ordre général, qui ne constituent pas un conseil. Nous vous invitons à nous consulter pour de plus amples précisions.